L'ABC du compostage

Votre premier composteur

Le compost est un produit – même un outil! – précieux aux jardiniers. Grâce à la richesse du compost et sa capacité de mieux retenir l’eau et les minéraux, c’est l’amendement parfait pour le sol de votre jardin et même pour les bacs de patio ainsi que les plantes d’intérieur. Vos plantations n’auront jamais été aussi belles ni aussi productives!

Vous pouvez facilement trouver du compost de qualité en jardinerie et en quincaillerie, mais vous pouvez en produire chez vous aussi. Un petit projet à faire seul ou – mieux encore! - en famille.

Choisir un composteur

Commençons avec l’outil de base : le composteur ou boîte à compost.

Un composteur n’est pas strictement nécessaire, bien sûr. Autrefois, on faisait le compost en tas : un gros amoncellement de déchets, souvent au fin fond de la cour. Par contre, ce n’était pas très élégant. De nos jours, il est plus acceptable de préparer notre compost hors de vue dans un composteur.

Il existe une vaste gamme de composteurs : ronds, carrés, rectangulaires, en plastique, en bois, etc. En quincaillerie et en jardinerie, on vous montrera plusieurs modèles. Il y en a encore plus de choix sur internet. Vous pouvez aussi fabriquer votre propre composteur,  en recyclant des palettes de bois.

Où l’installer?

Placez votre composteur au soleil ou partiellement au soleil, car la chaleur du soleil peut aider à stimuler l’activité des microbes décomposeurs. Préférez une surface plane et bien drainée, sur le sol plutôt que sur le béton ou l’asphalte pour faciliter l’accès aux microbes. Évidemment, le composteur doit être facile d’accès. Évitez les emplacements trop près des racines envahissantes de certains arbres (peupliers, saules, érables argentés, etc.). Habituellement, aussi, on choisit un emplacement discret (cour latérale ou arrière) plutôt qu’en façade.

Que mettre dans le compost?

Presque tout déchet qui peut se décomposer peut aller dans le composteur. Toutefois, on distingue entre matières brunes, riches en carbone et plutôt sèches, et vertes, riches en azote et plutôt humides, car il est bien d’avoir un équilibre entre les deux. Pour un compostage rapide, en effet, il faut environ deux tiers de matières brunes pour un tiers de matières vertes. On peut les placer par couches superposées, mais aussi mélangées.

Matières brunes

Parmi les matières brunes (qui ne sont pas nécessairement de couleur brune), il y a les :

  • feuilles mortes;
  • plantes mortes;
  • terreaux usagés (de plantes d’intérieur, de jardins en contenant, etc.);
  • tourbes horticoles (peat moss);
  • copeaux et sciures de bois (en petites quantités);
  • aiguilles de conifère;
  • brindilles;
  • écales de noix;
  • noyaux (broyés s’ils sont très durs);
  • cendres de foyer (en quantités limitées);
  • écales de sarrasin;
  • filtres à café;
  • boîtes d’œufs (en carton);
  • foin et paille;
  • papier;
  • restes de coton/laines/soies.

La liste des matières vertes (qui peuvent en fait être de différentes couleurs), il y a les :

  • déchets de cuisine d’origine végétale (pelures, fruits pourris, etc.);
  • déchets de jardin (résidus de taille des légumes et des plantes herbacées, etc.);
  • feuilles, tiges et fleurs de mauvaises herbes;
  • feuilles montrant des signes de maladie;
  • racines de mauvaises herbes non traçantes;
  • rognures de gazon;
  • fleurs coupées fanées;
  • marcs de café;
  • sachets de thé et de tisane;
  • algues;
  • poils d’animaux;
  • fumiers de vache, cheval, poule, etc.;
  • eaux d’aquariums (eaux douces seulement);
  • cheveux, ongles;
  • urines humaines (en quantité limitée);
  • plumes;
  • coquilles d’œufs bien broyées;
  • pâtes alimentaires;
  • pains, riz et autres céréales.

Il peut être pratique de ramasser et conserver des sacs de feuilles à l'automne pour le compostage estival, car à cette saison, il y a souvent beaucoup de matières vertes et peu de matières brunes. Il faut toujours essayer de maintenir l’équilibre de base, soit un tiers de matières vertes et deux tiers de matières brunes.

Ne vont pas au compost

Mieux vaut éviter les produits suivants, car le compostage domestique ne les décompose pas nécessairement de façon efficace et sécuritaire :

  • gras animal;
  • viandes;
  • produits laitiers;
  • os;
  • mauvaises herbes en graines;
  • racines des mauvaises herbes traçantes (prêles, herbes aux goutteux, renoués du Japon, chiendents, etc.);
  • excréments humains ou d’animaux familiers;
  • bûches et grosses branches;
  • rafles de maïs (à moins de pouvoir les broyer);
  • coquilles d’huître (à moins de pouvoir les broyer très finement);
  • déchets non compostables : plastique, métal, verre, etc.

Si facile à commencer!

Vous pouvez commencer n’importe quand entre le début du printemps et la fin de l’automne. (L’hiver, on peut accumuler des déchets, mais ils ne se décomposeront pas.) Commencez par un premier lot de matières brunes et vertes. Il peut être utile d’ajouter au composteur, une poignée de terre prélevée dans les environs afin d'introduire certains microbes utiles. Il n’est toutefois pas nécessaire d’ajouter un activateur de compost, même si un tel produit se vend couramment. Mélangez ces premiers ingrédients, et ensuite, les microbes présents commerceront aussitôt à les décomposer.

L’entretien est minimal : ajoutez de l’eau au besoin, car le compost ne doit jamais être complètement sec ni détrempé. (S’il est détrempé, ajoutez des matières brunes pour absorber le surplus d’eau.) Aussi, retournez et mélangez le compost régulièrement, environ une fois par semaine, car cela ajoute de l’oxygène, un stimulant majeur pour les microbes qui font la décomposition. On peut le faire avec une fourche ou une pelle, mais il existe un outil appelé aérateur de compost, offert en quincaillerie, en jardinerie et en ligne, qui mélange le compost avec moins d’effort.

Quand le compost est prêt

La décomposition de tous les ingrédients en compost prend du temps. Dans des conditions exceptionnelles, aussi peu qu’un mois, mais la plupart des gens trouveront qu’il faut plus près de 6 mois, même d’un an, avant que le compost soit prêt. Vous saurez que le compost est à point lorsque vous ne reconnaissez plus les intrants et qu’il ressemblera à de la terre de couleur foncée. Aussi, le compost sentira l’humus, soit l’agréable odeur de la terre après la pluie.

Utilisez ce produit merveilleux pour améliorer la qualité du sol et rajoutez des minéraux à votre potager ou plate-bande, comme terreautage pour la pelouse, dans les pots de vos plantes d’intérieur et jardinières de balcon et terrasse, etc.

Enfin, si votre composteur n’en produit pas assez pour vos besoins, vous pouvez facilement compléter votre production maison avec du compost acheté dans le commerce.

Larry Hodgson

Le jardinier paresseux

www.jardinierparesseux.com