Comment utiliser le compost au potager?

Aucun jardin n’a autant besoin d’un sol riche et meuble que le potager. Après tout, vous voulez une performance magistrale de vos légumes : une récolte hâtive et durable afin de remplir votre table de bons légumes frais et délicieux. Et pour cela, il faut une terre de qualité. Le compost vous aidera à y parvenir, car il a l’avantage d’être bon pour tous les sols.

Quel type de sol avez-vous?

Il est utile de savoir quel type de sol que vous avez dans votre potager : sablonneux, argileux ou loameux (humifère). Et pour cela, il y a un petit test facile que vous pouvez faire : le test de la boulette.

Prélevez une poignée de terre un peu humide de votre potager et essayez d’en faire une boule. Si elle se défait instantanément, et surtout si sa texture est granuleuse, c’est une terre fortement sablonneuse. Si la boule reste entière et que vous pouvez même la lancer 30 cm dans l’air et l’attraper sans qu’elle se défasse, c’est une terre fortement argileuse. Si la boule tient dans votre main au début, mais se casse peu à peu par la suite ou quand vous la lancez, votre sol probablement loameux ou du moins, humifère (riche en humus).

Sol sablonneux

Un sol sablonneux se travaille très facilement et se réchauffe rapidement au printemps, permettant une récolte plus hâtive. Par contre, il est généralement pauvre, retenant difficilement les minéraux pourtant nécessaires à une bonne production, et aussi sèche très rapidement, vous obligeant d’arroser souvent.

Vous pouvez corriger les défauts d’un sol sablonneux assez facilement en y mélangeant régulièrement du compost. Ce produit, de nature fibreuse et absorbante, améliore la structure du sol sablonneux, l’aidant à mieux retenir non seulement l’eau, mais aussi les minéraux. Ainsi, vous aurez moins besoin d’arroser et de fertiliser… et d’obtiendrez de plus beaux légumes. Mais il faut en appliquer souvent, au moins annuellement, car le compost se décompose et disparaît rapidement dans un sol sablonneux.

La première année, ajoutez 7 à 10 cm de compost au sol sablonneux, mélangeant bien. Ajoutez aussi un engrais à dégagement lent. Oui, le compost contient de minéraux qui peuvent nourrir les plantes, mais pas nécessairement assez quand le sol est d’origine sableuse et n’en retient pas facilement. Par la suite, ajoutez annuellement 5 cm de compost et toujours un apport d’engrais à dissolution lente pour maintenir la qualité du sol.

Astuce horticole

Le compost fait un excellent paillis pour tous les potagers, mais est tout spécialement utile sur les sols sablonneux portés à s’assécher rapidement. Il crée une barrière entre la chaleur du soleil et l’effet asséchant du vent et le sol, le gardant plus au frais et réduisant l’évaporation, mais laisse quand même passer la pluie et l’air. Ajoutez tout simplement une couche de paillis de 5 à 7 cm par-dessus le sol après la plantation. Ce n’est pas plus compliqué que cela!

Sol glaiseux

Si, au contraire, votre sol est glaiseux (argileux), il est probablement riche en minéraux, mais est dense et lourd aussi, difficile à creuser, et il forme facilement des mottes dures quand vous réussissez à le labourer. Il retient bien l’eau, réduisant le besoin d’arroser souvent… mais parfois, conserve trop d’eau. Ainsi, il prend du temps à s’assécher au printemps et, après deux ou trois journées de pluie estivale, voilà que vos plantes ont encore le pied dans l’eau et risquent de pourrir. Mais quand un sol glaiseux s’assèche enfin, il craque et il est difficile à humidifier de nouveau.

De plus, la glaise est composée de particules très, très fines et denses, donc l’air y circule difficilement, alors que les racines des légumes ont besoin d’une certaine circulation d’air. Même la récolte est difficile. Essayez d’arracher des carottes, des betteraves ou des navets d’un sol glaiseux : c’est tout un exploit!

Encore, le compost vient à la rescousse. Mélangez-en à la glaise et sa structure s’en trouvera énormément amélioré. Le compost aide par sa structure naturellement aérée à laisser infiltrer l’eau et l’air. De plus, les microbes qu’il contient font agglutiner les fines particules de glaise, les collant ensemble, aérant encore davantage le sol et améliorant le drainage.

Cela dit, la glaise demeure difficile à bonifier. Si vous voulez des résultats rapides, passez plutôt au potager surélevé (consultez Une sortie facile : le potager surélevé plus bas).

Si vous décidez de travailler sur votre sol glaiseux et l’améliorer, commencez par ajouter 5 à 8 cm de compost la première année, le mélangent bien au sol. Et rajoutez-en autant tous les ans jusqu’à ce que vous commenciez à remarquer qu’il devient plus facile à travailler. (Refaites le test de la boulette.) Si le sol est presque de la glaise pure (une situation plutôt rare, quand même possible), il peut falloir ajouter 5 à 8 cm de compost annuellement pendant 3 à 5 ans avant qu’elle commence à ressembler à un sol de jardin idéal. Une fois que vous jugez que votre sol est devenu meuble et aéré, l’ajout annuel de seulement 2,5 à 3 cm de compost le permettra à maintenir ces caractéristiques désirables.

Sol loameux

C’est le sol idéal, rêvé de tous les jardiniers, un intermédiaire entre le sol sablonneux et le sol glaiseux. Il retient l’eau et les minéraux, mais laisse pénétrer aussi l’air… et permet quand même à l’eau en surplus de s’en écouler. Les racines peuvent y pénétrer facilement et la récolte des légumes-racines est facile. Parfois, vous héritez d’un tel sol (chanceux!), mais souvent on le crée à force d’intégrer du compost aux sols de moindre qualité.

Si votre sol est loameux, l’ajout annuel de compost de 2,5 cm de compost l’aidera à maintenir sa bonne forme.

Une sortie facile : le potager surélevé

Peut-être que vous jugez que votre terre est irrécupérable… ou seulement récupérable après de longues années d’efforts (notamment le cas des sols glaiseux). Si oui, vous pouvez facilement commencer un jardin avec un excellent sol en installant un potager surélevé rempli de terre de qualité. En général, on fabrique un cadre de planches de bois de 25 à 30 cm de hauteur pour retenir la terre. Une largeur de 120 cm est bien pratique, car ainsi vous pourriez travailler d’un bord ou l’autre sans jamais devoir mettre le pied dans le jardin (pour maintenir une terre de qualité, idéalement on ne le comprime jamais en y marchant), alors que la longueur peut varier de 120 cm (le célèbre « potager en carré ») à 240 cm ou même 360 cm, selon l’espace disponible. Remplissez-le de « terre à potager », vendu par tout fabricant de terre en vrac, mais ajoutez quand même 5 cm de compost la première année et 2,5 cm chaque année par la suite afin de maintenir sa qualité.

Cette couche de bonne terre aura l’aération, la texture, la capacité de drainage et la richesse nécessaires pour produire de délicieux légumes tout en permettant un drainage parfait, même si le sol en dessous est une glaise imperméable.

Jardin en pot

Si votre potager est sur le balcon, la terrasse ou le toit, dans un bac ou grande balconnière, remplissez le contenant de terreau à empotage ou terreau pour bacs et balconnières. Encore, l’ajout annuel de 2,5 cm de compost au sol aidera à maintenir sa qualité tout en compensant la compaction qui s’ensuit avec les années.

Quand ajouter du compost

Il n’y a pas de saison précise pour ajouter du compost à un potager, mais il est quand même pratique de l’ajouter quand le jardin est vide de plantes, soit donc à l’automne ou au printemps. Il suffit alors de l’appliquer également sur toute la surface du jardin, sur une épaisseur de 2,5 à 8 cm, selon le type de sol, et de le faire pénétrer aux 10 à 20 cm supérieurs du sol. Vous pouvez aussi l’appliquer en pleine saison de jardinage, quand les plantes sont déjà établies. Il suffit de l’appliquer entre les végétaux et de le mélanger au sol. Ou encore, ne le faites pas pénétrer, mais laissez-la en surface, comme paillis. N’ayez pas crainte, les minéraux et microbes bénéfiques présents dans le compost pénétreront le sol et les plantes profiteront pleinement de sa présence.

Un surplus pour les plantes gourmandes

En plus d’appliquer du compost à la grandeur du potager, ce qui suffira pour les légumes-feuilles et les légumes-racines, pourquoi ne pas dorloter vos légumes-fruits, comme les tomates, les concombres et les courges? Ces plantes, plus exigeantes en qualité de sol que les autres, vont beaucoup aimer que vous rajoutiez une petite poignée de compost supplémentaire au fond du trou au moment de la plantation.

Dans tous les cas, lorsque vous faites l’achat de compost, assurez-vous d’obtenir l’étiquette du produit afin de respecter les dosages recommandés par le fabricant.

Le compost : toujours l’ami du jardinier et surtout dans le potager!

Larry Hodgson
Le jardinier paresseux
www.jardinierparesseux.com